Normes et protocoles de désinsectisation (I)

Les insectes En élevage de porcs, deux types d’insectes sont sources de nuisance : Les mouches et moucherons - Perturbent les animaux en entraînant une baisse de productivité (capacité ...

Lundi 6 Avril 2009 (il y a 8 ans 9 mois 11 jours)


Les insectes

En élevage de porcs, deux types d’insectes sont sources de nuisance :

Les mouches et moucherons

- Perturbent les animaux en entraînant une baisse de productivité (capacité laitière + poids au sevrage notamment),
- Transmettent des maladies en allant d’un animal à l’autre, d’un bâtiment à l’autre, d’un élevage à l’autre, les mouches peuvent disséminer des virus et des bactéries. On a ainsi prouvé expérimentalement que la mouche domestique peut être impliquée dans la contamination des élevages par le SDRP et qu’elle peut voler au delà d’une distance de 5 kms (4).
- Voir l'article 2 déjà paru


Les ténébrions

- Par les réseaux de galeries qu’ils creusent dans les matériaux d’isolation ils provoquent des dégradations qui entraînent une perte de la qualité thermique du bâtiment.

Les larves d’éristales (vers à queue)

- Elles sont régulièrement rencontrées dans les milieux liquides riches en déjections animales où elles vivent dans les dénivellations, les lieux d’écoulement et les fosses à lisiers. Ce sont les larves d’Eristalix tenax dites « mouches – bourdons », recouvertes de poils jaunes et denses qui leur donnent l’apparence d’une grosse abeille.
- La destruction des larves d’éristales ne se justifie qu’à l’intérieur du bâtiment. Leur présence dans les fosses extérieures seules ne pose pas de problème dans la mesure où les adultes (insectes pollinisateurs) ne sont pas attirés par les animaux.

Les régles de base de la prévention

En élevage hors sol, la prévention repose en premier lieu sur le maintien d’un niveau d’hygiène correct du bâtiment et de ses abords (nettoyage régulier – évacuation fréquente des déjections – maîtrise du stockage) puis sur les mesures permettant de rendre le milieu le plus défavorable possible à la présence des insectes et à leur multiplication.

La larve de la mouche trouve des conditions favorables à son développement s’il y a une température et une humidité suffisantes ainsi que de la nourriture (matière organique). De plus, la larve se trouve de préférence dans les endroits non piétinés par les animaux. Les lieux de pontes privilégiés sont donc les parties solides surnageantes des fosses à lisier et le pourtour des auges.

En élevage de porcs, la consistance du lisier joue un rôle primordial : un lisier homogène et liquide n’est pas propice à la présence de mouches. Dans le cas ou des croûtes auraient tendance à se former (notamment dans les bâtiments d’engraissement), un brassage efficace du lisier permet le mélange des phases solides avant son évacuation vers la fosse extérieure. La propreté des abords des auges réduit la présence de moucherons attirés par les projections d’aliment.

Sur litière accumulée la nuisance sera d’autant plus importante que la litière sera humide et la température du bâtiment élevée. Un rechargement régulier de la litière et la lutte contre le gaspillage ou les fuites d’eau se révèlent indispensables.

Dans tous les cas de stockage de déjections animales à l’intérieur du bâtiment, celui-ci doit être régulièrement vidé et nettoyé. La prévention passe par la nécessité de traiter préventivement et régulièrement avec un larvicide sur la litière ou sur la fosse et en associant un insecticide adulticide sur la paroi. De plus, une bonne ventilation et une bonne aération des bâtiments sont des paramètres importants de la maîtrise des insectes.

Les moyens de lutte

La lutte biologique

- A ma connaissance, seule est commercialisée en France ophyra aenescens, mouche prédatrice dont les larves voraces se nourrissent des larves de mouches domestiques dans les fosses à lisier (une larve d’ophyra consomme 17 larves de mouches domestiques par jour). Les mouches ophyra adultes ne vont pas sur les animaux et ne leur causent aucune gêne.
- L’efficacité de ce système, pour séduisant qu’il puisse paraître, reste une piste à explorer car elle ne permet pas aujourd’hui de maîtriser l’ensemble des insectes nuisibles et parce que les mouches prédatrices sont sensibles aux insecticides et aux désinfectants.

La lutte mécanique

- Les pièges collants (rubans, rouleaux, plaques, …) détruisent les insectes volants par collage sur un support pré-englué. Ils ont l’inconvénient de ne viser que les insectes volants, leur efficacité est limitée en cas de forte population et ils sont peu adaptés en grand volume.
- Les brasseurs d’air, par les mouvements d’air provoquant des turbulences ont pour effet de rendre inhospitalière, pour les insectes volants, la zone couverte et ne sont en élevage que d’un faible intérêt.
- Les destructeurs électriques d’insectes volants sont une solution pour le local de préparation de la semence et/ou le bureau de l’élevage.

La lutte chimique

o La lutte chimique est basée sur l’utilisation de produits insecticides d’origine naturelle ou de synthèse.
o Les principales familles insecticides sont :

Les organophosphorés, adulticides agissant par contact, ingestion et inhalation en bloquant le système nerveux de l’insecte,
Les pyréthrinoïdes, adulticides agissant par contact et ingestion,
Les carbamates, adulticides généralement associés à un attractif sexuel,
Les extraits d’actinomycète, adulticides,
Les inhibiteurs de synthèse (larvicides) bloquent la synthèse de la cuticule, perturbent l’éclosion des œufs de parents traités, les phases de mues de la larve et la formation de la pupe.


On distingue trois types de produits en fonction de leurs usages pour le traitement insecticide dans les élevages. Ainsi une même molécule peut avoir plusieurs formulations et plusieurs usages.

La directive européenne 98/8/CE vise à établir un cadre législatif pour l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits biocides, aussi elle est le plus souvent nommée « la directive biocide ».

Toute formulation doit obtenir une AMM pour être commercialisée et selon son usage un produit insecticide doit répondre à des critères spécifiques.

Usage Catégorie de produit Délivrance des AMM
Bâtiment Biocides Ministère de l’écologie
Déjections et litières Biocides Ministère de l’écologie
Animaux Médicaments vétérinaires Agence Nationale du Médicament Vétérinaire


L'aspect pratique de la désinsectisation sera traité dans la 2ème partie de cet article.

Biosécurite des élevages

Normes et protocoles de désinsectisation (II)22-Avr-2009 il y a 8 ans 8 mois 26 jours

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