Analyses diagnostiques des maladies urinaires

Vessie déchirée Vers rénaux (Stephanurus dentatus) Cystite ...
Lundi 5 Mars 2007 (il y a 10 ans 7 mois 19 jours)

Vessie déchirée
Vers rénaux (Stephanurus dentatus)
Cystite
Pyélonéphrite
Cristaux sur le sol
Jonction uretéro-vésicale normale
Cristalurie dans l'urètre
Lors d'un examen post-mortem, on peut faire une exploration complète de l'appareil urinaire. Toutefois, avant d'arriver à ce stade, on peut percevoir quelques indices en examinant la coloration sanguine de la région du périnée, la coloration de l'urine, les lésions cutanées ou la présence de cristaux dans le vagin ou l'urètre. Les photos illustrent certaines des modifications macroscopiques observées sur le rein.

Principales maladies

Chez le porcelet nouveau-né, nous pouvons trouver des anomalies comme l'urétrocèle ou des uretères ectopiques. Cependant, les plus fréquentes sont les kystes rénaux qui, dans beaucoup de cas, peuvent être associés à des kystes du foie. Il peut y avoir aussi l'écrasement ou le traumatisme par la truie.

Sur des porcs de tout âge, nous pouvons rencontrer des maladies graves, comme la peste porcine africaine ou la peste porcine classique et autre septicémies graves comme la salmonellose ou le PDNS (syndrome dermatite-néphrite). Il y a plus de 30 causes différentes pour le classique rein en forme d'œuf de dinde : il n'est pas pathognomonique de la Peste porcine classique (PPC) ni ou de la Peste porcine africaine (PPA). Il est provoqué par une congestion, une hémorragie ou des embolies dans les glomérules.

Des reins blancs veinés sont souvent des éléments diagnostics de néphrite interstitielle et on pense qu'ils sont fréquemment associés aux leptospires.

Taille

Dans beaucoup de troubles rénaux, une augmentation de la taille des reins se produit. Elle est normalement due à l'augmentation de la teneur en sang et , parfois, à celle de l'urine et du tissu interstitiel.
Une diminution de la taille du rein est habituellement due à des maladies rénales chroniques et à un rein en phase terminale.
La présence de kystes peut provoquer des modifications morphologiques.

Couleur

La couleur du rein est modifiée par le degré d'autolyse ou d'hypostasie. Ces changements peuvent être diffus ou focalisés.
Un rougissement important peut être en rapport avec une congestion associée à la PPA ou la PPC, des septicémies ou une électrocution.
La pâleur peut être signe de fibrose, d'infarctus, d'ochratoxicose, d'anémie, de modifications graisseuses ou de nécrose tubulaire.
On observe une modification de la couleur tendant vers un ton "grillé" lors de cas d'ochratoxicose et vers le marron dans le cas de porphyrie.
Des rougissements focalisés apparaissent lors de situations d’hyperhémie diffuse ou d'embolie dans les glomérules.
La pâleur focalisée est caractéristique d’infarctus, de nécrose ischémique ou de néphrite interstitielle.
Les tâches blanches indiquent normalement la présence de néphrite interstitielle. Elles ne correspondent pas toutes à des leptospiroses mais la leptospirose est la bactérie qui est la plus fréquemment associée à celles-ci.
On trouve des foyers de couleur orange dans le rein quand on observe des cristaux d'urate ou des cristaux.

Autres changements

Douze heures après la mort, les reins commencent à se ramollir et deviennent ensuite tendres (très mous).
En cas de fibrose chronique, ils sont durs car ils sont en état de déshydratation ou de néoplasie (il n'est pas rare de trouver des néphroblastomes sur de jeunes porcs).
On peut observer des lésions d'aspect sablonneux dans les cas de calculs rénaux ; des bulles gazeuses dans des cas d'autolyse avancée ; des hémorragies qui peuvent être graves suite à l'intoxication à la warfarine ou suite à des traumatismes: ecchymoses en cas de PPC ou PPA, de salmonellose, de rouget, d’encéphalomyocardite virale ou de maladie d'Aujeszky, au cours de l’abattage, par intoxication, en cas de leptospirose aiguë, de pyélonéphrite ou d’endotoxémie.

Vessie

Les modifications de la vessie se limitent généralement à la muqueuse et s'étendent parfois à la sous-muqueuse.
Rien n'est pathognomonique sauf la présence d'inclusions dans la muqueuse. Parfois on peut observer une dégénérescence mucilagineuse. On observe des hémorragies dans la vessie lors de septicémies majeures. On trouve du mucus, des déchets en excès, des cellules, des bactéries et de la fibrine dans la lumière de la vessie dans les cas de cystite aiguë. Lors de crises subaiguës et chroniques, les neutrophiles sont remplacés par des cellules lymphoïdes.

Analyses de laboratoire

La recherche microbiologique consiste dans la culture de tissu rénal et d'urine, mais seulement sur des prélèvement frais (meilleurs résultats). On doit incuber sur de la gélose au sang et du MacConkey pendant 24 et 48h. On a besoin de sang de cheval pour Arcanobacterium (Eubacterium) suis. Dans les cas aigus on peut aussi faire des cultures pour la recherche des leptopspires. On fait fréquemment des cultures pour E. coli mais, dans ce cas, il n’y a pas de spécifications particulières .
On utilise aussi parfois l'immunofluorescence et la lumière sur fond noir pour les leptospires.

L'urine de porc peut présenter diverses caractéristiques physiques anormales. Parmi celles-ci on trouve l'urine rouge, l'urine verte, l'urine blanche ou visqueuse, trouble, mousseuse ou à l'odeur d'ammoniaque. Plusieurs substances peuvent apparaître avec des changements de pH, de la bilirubine, du sang, du glucose ou des cétones et aussi des nitrites ou des protéines.

Les sédiments peuvent être divers comme des cellules épithéliales, des hématies, des leucocytes, des cylindres, des bactéries, des spermatozoïdes, des cristaux ou du mucus.

Ochratoxicose, pyélonéphrite et leptospirose

Les 3 principaux troubles de l'appareil urinaire sont l'ochratoxicose, la pyélonéphrite associée avec A. suis et la leptospirose.

Dans le cas de l'ochratoxicose, les lésions rénales sont très variables avec observation de stries blanches. Il y a aussi une nécrose tubulaire aiguë. On peut faire des tests d'ochratoxines mais la vie moyenne est seulement de 3 à 5 jours. Des concentrations de seulement 200 ppb (parties par billion) dans l'aliment provoqueront des lésions rénales.

Dans la cystite et la pyélonéphrite, il y a fréquemment des anomalies associées d’apport d'eau ou de problèmes locomoteurs. Le diagnostic est habituellement fait post mortem et requiert l'isolement du micro-organisme du rein ou de la vessie.

La leptospirose est diagnostiquée par sérologie pour ce qui concerne les problèmes de troupeaux mais, au niveau individuel, on peut recourir à une observation microscopique avec éclairage sur fond noir, à l'immunofluorescence, des techniques de PCR ou une culture pour démontrer l'infection.

Stan Done. Veterinary Laboratories Agency. Royaume-Uni

Opinion des experts

Les problèmes courants de ventilation et leur prévention08-Fév-2007 il y a 10 ans 8 mois 16 jours

Commentaires de l'article

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