Diagnostic de laboratoire des maladies associées au PCV2 (Circovirus Porcin type 2)

Porcs touchés par la M.A.P. Aujourd'hui, les maladies les plus importantes touchant la production porcine au niveau mondial sont celles associées au PCV2 ...
Vendredi 1 Octobre 2004 (il y a 13 ans 22 jours)

Porcs touchés par la M.A.P.
Aujourd'hui, les maladies les plus importantes touchant la production porcine au niveau mondial sont celles associées au PCV2 (Circovirus Porcin type 2) et au SDRP (Syndrome Dysgénésique Respiratoire Porcin).

Les deux maladies sont intimement liées avec le Complexe Respiratoire Porcin (CRP) qui est probablement le syndrome le plus important touchant les porcs; ainsi, plus de 70 % des diagnostics de laboratoire correspondent à des troubles alimentaires ou respiratoires.

Symptomatologie

Région périnéale d'un porc atteint de syndrome Dermatite-Néphropathie (forme aiguë, hémorragique, semblable à la PPC)
Au niveau clinique, les animaux peuvent présenter des signes respiratoires (dyspnée ou toux), ils peuvent aussi être amaigris ou avoir des lésions cutanées évidentes ou bien avoir une mortalité subite ou encore présenter, au sens large, des troubles de la reproduction.
Il y a plusieurs années, nous avons étudié les causes potentielles de la M.A.P. et nous avons découvert qu'il y avait au moins 25 facteurs possibles pouvant être impliqués: virus, bactéries, environnement, conduite d'élevage, croissance...Aucun d'entre eux n'est spécifique et le PCV2 est seulement un de plus parmi ceux pouvant être impliqués.

Porc en position dorsale avec hypertrophie des nodules lymphatiques inguinaux.
Le diagnostic clinique peut être plus évident s'il y a une hypertrophie des ganglions lymphatiques inguinaux superficiels que l'on sent bien par palpation du porc couché sur le dos; les ganglions superficiels de la tête et du cou peuvent parfois être palpables.

Dans les cas de M.A.P., de S.D.N.(Syndrome Dermatite-Néphropathie) , de C.R.P. (Complexe Respiratoire Porcin), de pneumonie proliférative nécrosante porcine, mais peut-être aussi de myocardites et évidemment de troubles de la reproduction, l'implication du PCV dans l'origine des symptômes cliniques ne peut être démontrée que si l'agent est présent. Le rôle du PCV2 n'a été confirmé que dans les 4 premiers syndromes ci-dessus.


Diagnostic de laboratoire

On n'a jamais décrit un cas de M.A.P. où il n'y ait pas de mise en évidence de la présence de PCV2. C'est l'évidence même puisqu'on observe que la majorité des porcs sont porteurs de PCV2, mais seul un pourcentage variable est affecté par la M.A.P. et une proportion moindre le S.D.N., la myocardite ou une chute de la reproduction.

Par conséquent, la sérologie est peu utile dans le suivi épidémiologique des infections par le PCV2, puisque cet organisme est ubiquiste et que la majorité des porcs ont des anticorps, que ce soit d'origine maternelle ou acquis au cours d'une infection néonatale.

Nodules lymphatiques hypertrophiés
Le diagnostic de laboratoire de la M.A.P. requiert des tissus lymphoïdes, en particulier inguinaux, des ganglions lymphatiques mésentériques ou iléo-cæcaux et trachéo-bronchiques pour un examen histopathologique. Le poumon (tissu lymphoïde associé aux bronches) et l'intestin grêle (plaques de Peyer, tissu lymphoïde associé à l'intestin) sont aussi de très bons tissus pour la mise en évidence histopathologique de la M.A.P.
Les altérations histologiques comportent une déplétion des lymphocytes, une inflammation granulomateuse et quelques cas cas d'inclusions intra-cytoplasmiques dans les macrophages ou la présence de cellules géantes polynuclées.
Une étude récente au cours de laquelle nous avons analysé plusieurs centaines de ces ganglions lymphatiques de porcs, supposés infectés par le PCV2 (il y avait des cas cliniques dans des élevages infectés connus) montra, par histopathologie ou par immunohistochimie, qu'il n'y a pas systématiquement ces deux types de lésions caractéristiques.

Centre germinal d'un porc atteint de M.A.P positif en PCV2 en immunohistochimie.
Le deuxième outil précieux pour le diagnostic des infections par le PCV2 est la mise en évidence de l'antigène ou de l'acide nucléique dans les tissus par hybridation in-situ (HIS), par immunohistochimie (IHC) ou par l'isolement direct du virus à partir des tissus. A tous points de vue, l'utilisation de l'IHC est le mieux car elle permet de faire la relation entre la pathologie révélée par microscopie optique et la détection de l'antigène.

Dans les cas de S.D.N., le PCV2 peut être présent ou pas. Chez ces animaux atteints postérieurement de S.D.N., il se peut que l'agent infectieux ait disparu; toujours est-il qu'il y a moins de résultats positifs PCV2 par IHC, mais nous savons que la pathologie est une réaction d'hypersensibilité de type 2 et qu'au Royaume-Uni quelques souches électrophorétiques de P. multocida sont responsables au moins des formes sporadiques de S.D.N.

Une chute de la reproduction peut être associée à des infections par le PCV2 et on peut démontrer la présence de l'agent infectieux dans le fœtus. L'infection intra-utérine du fœtus produira une myocardite (un tissu en croissance active chez le fœtus en phase finale).

La distinction entre la pneumonie induite par le PCV2 et celle observée dans le CRP est seulement possible par IHC et histopathologie; jusqu'à ce jour, on n'a pas pu déterminer exactement quelle est la contribution du PCV2 au CRP.

De la même façon, le diagnostic histologique de la pneumonie proliférative nécrosante porcine peut être associé à un diagnostic étiologique de SDRP ou d'Influenza ou de PCV2 ou d'une combinaison quelconque, l'histopathologie et l'IHC séquentielle étant les techniques apportant la meilleure information.

Le tremblement congénital original de type AII décrit par Jack Done a été associé avec une petite particule de virus qui est sans doute le PCV2, de taille équivalente, mais, jusqu'à ce jour, seul Greg Stevenson chez Purdue a été capable de démontrer un résultat positif pour l'acide nucléique du PCV2 dans le tissu nerveux et dans le foie de porcs atteint de tremblement congénital. les études menées dans d'autres laboratoires n'ont pas encore pu reproduire ces découvertes.

Stan Done. Veterinary Laboratories Agency (Royaume-Uni)

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