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Introduction, dissémination et persistance du virus SDRP dans une région

Chaque année de nombreux isolats génétiquement différents sont identifiés dans des zones à haute densité porcine mais peu de souches sont capables de se transmettre entre élevages et encore moins nombreuses sont celles capables de se disséminer largement et de dominer toute une région ou un système.

Vendredi 28 Décembre 2012 (il y a 4 ans 11 mois 13 jours)

Une étude récente réalisée par l'Université d'Iowa a révélé que le syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP) continue d'entraîner d'importantes pertes économiques chez les producteurs des porcs des USA. Les chercheurs ont estimé que le coût du SDRP s'élève à 664 millions de $ annuels ou 1,8 million de $ par jour (Holtkamp D, et al 2011). D'autres rapports montrent que l'impact de la maladie au Canada, au Mexique, en Asie et en Europe de l'Est semble être identique. Depuis le début de la maladie, il y a plus de 20 ans, les types I et II du virus du SDRP ont été disséminés géographiquement, en y gagnant une diversité génétique et, ont probablement augmenté leur virulence (Murtaugh MP, et al. 2010; Li B, et al. 2006).

Cependant, en Europe de l'Ouest, l'impact économique du SDRP fait encore débat avec des rapports très différents, qui vont d'épisodes très sévères à des cas subcliniques. La moindre sévérité de la maladie en Europe peut être due à sa relative haute prévalence, à la prédominance de naisseurs-engraisseurs et à la prédominance d'isolats de type I qui, bien qu'ils présentent une large diversité génétique (Stadejek T, et al 2008), induisent des symptômes respiratoires moins sévères que les isolats de type II (Martinez - Lobo FJ, et al. 2011). Indépendamment de cette discussion intéressante, le risque de l'introduction de nouveaux isolats (souches) du SDRP, type I ou II, dans des zones à forte densité porcine avec une prédominance de naisseurs-engraisseurs en Europe de l'Ouest, continue d'être présent.
De plus, le risque de transmission intercontinentale d'isolats hautement pathogènes du virus du SDRP détectés en Asie est aussi réel. En même temps, dans d'autres parties de monde comme l'Australie, la plus grande partie de l'Amérique du Sud et la Scandinavie, l'introduction de tout virus du SDRP pourrait être catastrophique pour les industries locales (figure 1). Cette situation générale indique que le virus du SDRP, ainsi que le risque et les conséquences potentielles de sa transmission entre les régions, ne doit pas être sous-estimé

Figure 1. Répartition globale du virus du SDRP et transmission intercontinentale hypothétique

Distribution mondiale du SDRP et transmission intercontinentale hypothétique

Sans une méthodologie validée pour grouper les isolats viraux de SDRP et pour le propos de cet article, on considérera comme isolat "nouveau" celui qui est, au moins, hétérologue (différent) à 3 % pour sa séquence ORF 5 par rapport à n'importe lequel préalablement détecté dans le système (entreprise) ou région pendant les 3 dernières années. Un isolat "résidant" sera juste le contraire. Dans plusieurs cas ce seuil arbitraire peut ne pas avoir de signification et il sera seulement utilisé comme valeur de référence. La dissémination rapide du virus SDRP sur de longues distances pendant les années 90 et le relatif confinement géographique des isolats résidants sur les dernières années, quand on a utilisé des protocoles de suivi plus sensibles, montrent que les nouveaux isolats du virus ont besoin de porcs vivants, de semence ou de véhicules contaminés pour être se transmettre entre régions (figure 2).
Comme hypothèse, les nouveaux isolats de virus SDRP proviennent de changements continus du virus dans les régions avec une transmission constante à l'intérieur, et entre les élevages (région B sur la figure 2). Dans des pays où on cherche à maintenir les élevages de multiplication et les centres d'insémination négatifs en SDRP, où on a réalisé d'importants progrès dans les protocoles de quarantaine et de distribution de semence, la cause la plus courante de transmission sur une longue distance est le mouvement de porcs sevrés et de porcs d'engraissement positifs au SDRP et l'utilisation de véhicules de transport contaminés (région A sur la figure 2). Malheureusement, la distribution de cheptel de renouvellement et de semence positifs au SDRP continue dans plusieurs pays. Considérer qu'une région, un système ou un élevage, par le fait d'être positif à un isolat de SDRP, peut accepter une semence ou un cheptel de renouvellement positif au SDRP est très dangereux puisque l'on pourrait toujours introduire un isolat plus virulent.

Figure 2. Introduction d’un nouvel isolat de SDRP de la région B vers la A

Introduction d'une nouvelle souche de virus SDRP de la région B vers la A

La recherche que les Drs. Scott Dee et Satoshi Otake ont effectuée a démontré que le virus du SDRP peut se transmettre entre élevages par les véhicules de transport (Dee SA, et al 2004), par les …. (Otake S, et al 2002), les fomites (Otake S, et al 2002), les insectes (Otake S, et à. 2004), le lisier et les aérosols (Dee SA, et al 2005). Il est probable que la transmission par ces voies indirectes se fasse sur des distances relativement courtes, depuis la première exploitation infectée avec un nouvel isolat (figure 2), dans des zones à forte densité porcine et qu’elle soit probablement aggravée par des mesures de biosécurité insuffisantes. Normalement quand la première exploitation est infectée, plusieurs élevages recevront des porcs avec une infection aigüe devenant des "amplificateurs" de cet isolat particulier de SDRP (région A sur la figure 3). Dans cette situation on ne peut pas faire grand-chose pour arrêter ou diminuer l'épidémie.
Curieusement, parmi les nombreux isolats distincts qui s'identifient dans des zones à forte densité porcine chaque année, seulement certains sont capables d'être transmis entre les élevages et ceux ayant la capacité de se disséminer largement et de dominer toute une région ou un système sont encore moins nombreux. Le facteur qui détermine que les isolats du virus du SDRP sont disséminés avec succès et persistent dans des zones géographiques, ou dans les flux de porcs, doit être recherché avec plus de profondeur; on peut cependant supposer que seraient impliquées la capacité de l’isolat à se répliquer efficacement chez les porcs, sa capacité d'être transmis selon de multiples voies y compris les aérosols et l'existence de populations de porcs capables de maintenir l'infection et de disséminer de cette façon des quantités significatives de virus pendant une période

Figure 3. Dissémination d’un nouvel isolat de SDRP dans la région A

Dissémination d'une nouvelle souche de virus SDRP dans la région A

Des études contrôlées indiquent que quand les porcs sensibles sont exposés à des virus vivants sauvages de SDRP ils peuvent l'excréter pendant 70 à 100 jours (Cano JP, et al 2007; Linhares D, et al 2012). Les grandes populations de porcs négatifs servent d'amplificateurs du virus dans la région récemment infectée et représentent un risque significatif pour des élevages voisins pendant beaucoup de temps. Les mêmes études révèlent que l'utilisation de vaccins vivants modifiés sur ces populations récemment infectées diminue la durée de l'excrétion en 30 jours environ.
On s'attend aussi que les populations qui ont développé une immunité contre des virus vivants de SDRP excrètent un virus hétérologue (nouvellement introduit) en plus faibles quantités et pendant moins de temps que la première fois qu'ils ont été exposés ou que les populations étaient complètement sensibles. Bien que les porcs négatifs pendant la phase de croissance amplifient les nouveaux isolats, le réservoir des isolats de SDRP dans une région est chez les engraisseurs en flux continu endémiquement infectés ou les naisseurs-engraisseurs. Si les porcs étaient engraissés dans des systèmes en tout plein tout vide, le nouvel isolat serait très certainement éliminé d'un site en peu de mois.

Les résultats observés des plans pilotes de contrôle régional montrent que le principe d'homogénéisation de l'immunité par exposition qui a été appliquée avec succès au niveau élevage pour contrôler le SDRP peut représenter une alternative viable pour le contrôle régional.

En résumé, le défi que le SDRP impose à des régions ou à des entreprises pourrait être surpassé avec la compréhension de l'épidémiologie du virus et de la combinaison de stratégies dédiées à :

  • Prévenir de nouvelles introductions grâce à l'application systématique d'un programme complet de biosécurité.
  • Réduire la source de nouveaux isolats en essayant d'éliminer le virus des populations et des flux continus infectés.
  • Contenir la dissémination de nouveaux isolats en maximisant l'immunité de l'exploitation et la biosécurité et en utilisant un système de surveillance intégré pour faire un suivi du virus.
  • Minimiser l'impact économique de la maladie en essayant de contrôler l'exposition et l'immunité avec des stratégies comme la filtration de l'air, la biosécurité, la vaccination et la modification des flux de porcs.

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