Les périodes de manque d'aliment : un problème sans réponse

Bien que l'objectif de l'alimentation ad libitum soit d'avoir de l'aliment disponible afin que le porc en croissance le consomme à tout moment, la véritable situation au niveau...
Vendredi 30 Mars 2007 (il y a 10 ans 8 mois 11 jours)

Bien que l'objectif de l'alimentation ad libitum soit d'avoir de l'aliment disponible afin que le porc en croissance le consomme à tout moment, la véritable situation au niveau mondial est que les porcs restent souvent sans aliment pendant des périodes prolongées.
Les causes principales de cette interruption dans la disponibilité de l'aliment sont :
1) Réserve d'aliment (silo) et dispositifs de distribution vides.
2) Prise en masse d'aliments dans les silos.
3) Fonctionnement défectueux du matériel de distribution
Bien que les causes de ces interruptions soient variées, les conséquences pour le porc en croissance sont toujours les mêmes : il n'y a pas d'aliment disponible pour le processus d'engraissement.

A l'Université du Nebraska, nous avons récemment effectué 2 expériences pour étudier la répercussion des périodes de manque d'aliment sur la performance, la santé et le bien-être des porcs. Pour ces expériences, l’épisode de manque d’aliment a consisté en une période de 20 heures (de 12:00 h à 8:00 h) sans aliment. On a choisi ce laps de temps pour simuler une situation fréquente dans des élevages aux USA. Dans la première expérience, cet épisode a été produit hebdomadairement, en choisissant un jour de la semaine au hasard. Dans la seconde expérience, cet épisode a été produit 1, 2 ou 3 fois sur des journées aléatoires et sur des périodes de 15 jours. Les deux expériences ont été prolongées pendant 16 semaines.

Dans les deux expériences, les épisodes de manque d'aliment pendant les 8 premières semaines ont entraîné une diminution du gain quotidien et de la consommation journalière d’aliment, sans un effet sur l’efficacité alimentaire (Figures 1, 2, 3 et 4). Dans la seconde expérience, l'effet a augmenté linéairement avec l’augmentation du nombre d'épisodes d’absence d'aliment. Pendant les 8 dernières semaines de chaque expérience, aucun effet sur la performance des porcs n'a été observé.

Figure 1 : Effet des épisodes d’absence d'aliment hebdomadaire sur le gain journalier.
Figure 2 : Effet des épisodes d’absence d'aliment hebdomadaire sur la consommation journalière.
Figure 3 : Effet d’un nombre variable d'épisodes d’absence d'aliment toutes les deux semaines sur le gain journalier
Figure 4 : Effet d’un nombre variable d'épisodes d’absence d'aliment toutes les deux semaines sur la consommation journalière.

La diminution du gain quotidien et de l'ingestion d'aliment pendant la phase de croissance sans différence sur la performance pendant la phase d'engraissement s'est traduite par une diminution du GMQ global dans la première expérience et une diminution linéaire du GMQ lors de la seconde expérience avec l’augmentation du nombre de périodes d'absence de rationnement.

L'absence d'effet du manque d’aliment sur les performances pendant la phase de finition peut en partie être expliquée par l'attitude des porcs une fois l'aliment disponible à 8 h. Dans les 24 premières heures après la mise à disposition de l'aliment, les porcs en croissance ont mangé 14% d'aliment en plus que les porcs témoins dans la première expérience et 12% de plus dans la seconde expérience (Figures 5 et 6).
Figure 5. Ingéré d'aliment du lot avec manque d’aliment par rapport au lot témoin, dans lequel, pendant les 24 premières heures, il y a eu de l'aliment disponible suivi d'un épisode d’absence d’aliment.
Figure 6. Ingéré d'aliment du lot avec manque d’aliment par rapport au lot témoin, dans lequel, pendant les 24 premières heures, il y a eu de l'aliment disponible suivi d'un épisode d’absence d’aliment.
Bien que nous n'ayons pas pu mesurer les différences dans la notation (tous les 15 jours) de lésions ni dans la gravité des morsures de queue entre les traitements, le nombre de porcs morts ou qui ont été retirés des expériences en raison d'un mauvais rendement a augmenté dans la catégorie des porcs avec absence d’aliment par rapport aux porcs témoins.

Ces résultats confirment donc que les épisodes répétés et fréquents de manque d'aliment ont une répercussion sur la performance et la santé des porcs. Toutefois, ces résultats ne nous permettent pas de savoir quelles répercussions auraient des épisodes de rationnement avec une durée supérieure ou inférieure aux 20 heures programmées dans ces expériences. Par exemple, quel effet a un épisode de 5 heures suivi d'un de 20 heures suivi d'un autre de 9 heures, etc. ?

Nous savons que dans des conditions thermiques neutres, les porcs en phase d'engraissement avec accès ad libitum à l'aliment, commencent en général à manger à 6h, avec une activité maximale d'ingestion vers 14:00 h et une activité minimale comprise entre 20:00 h et 6:00 h. Quelles répercussions ont les épisodes de manque d’aliment qui commencent à la fin de la journée par rapport à ceux qui commencent le matin ?

Les épisodes de manque d’aliment sont de la responsabilité ultime des personnes affectées aux soins quotidiens des porcs en croissance et en engraissement. Il est nécessaire de tout mettre en oeuvre pour réduire au minimum le nombre et la durée de ces épisodes si nous voulons que les porcs en croissance aient un rendement conforme à leur potentiel génétique.

Mike Brumm. Université du Nebraska (Etats-Unis)

Opinion des experts

Analyses diagnostiques des maladies urinaires05-Mar-2007 il y a 10 ans 9 mois 6 jours

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