Logement des truies en groupe (II) : alimentation au sol et alimentation en chute lente

Introduction Le coût d'un investissement est l'un des sujets les plus importants pour les producteurs porcins qui souhaitent être compétitifs. Jusqu'à ce que le logement en groupe ait été ...
Mercredi 3 Novembre 2004 (il y a 12 ans 9 mois 17 jours)

Introduction

Le coût d'un investissement est l'un des sujets les plus importants pour les producteurs porcins qui souhaitent être compétitifs.
Jusqu'à ce que le logement en groupe ait été rendu obligatoire par la loi, le coût et la conception du logement des truies gestantes étaient connus en grande partie par la majorité des producteurs porcins du Nord de l'Europe.
Toutefois, les conditions législatives relatives au logement des groupes ont provoqué une grande variété de nouvelles façons d'élever les truies gestantes Cette diversité de systèmes suppose aussi une grande variation dans les coûts d'investissement. Cet article présente deux systèmes les plus simples: l'alimentation au sol et l'alimentation en chute lente ("trickle feeding").

Alimentation au sol

Figure 1. Schéma typique du système d'alimentation au sol pour 10-11 truies.
Au début des années 90, les producteurs porcins danois ont prêté beaucoup d'attention aux systèmes, dits simples, de stabulation en groupe. Ces systèmes emploient des groupes relativement petits de truies. L'un de ces systèmes se base sur l'alimentation au sol.
Une conception typique comporte deux tiers de sol plein tandis que le reste de la zone est sur caillebotis comme le montrent les figures 1 et 2..

Règles de conception à observer:

Une étude portant sur 24 exploitations agricoles danoises, a fourni les lignes directrices de conception suivantes :
  • La largeur de la case doit être au moins de 4 m pour éviter que les truies dominantes contrôlent l'aliment. .
  • Le sol plein doit avoir au moins 3 m de large pour éviter les pertes d'aliments
  • Le rapport longueur/largeur du bâtiment doit être de 2/3 pour fournir les meilleures options: évitement et meilleure distribution de l'aliment.
  • Le sol plein doit avoir une pente de 3 à 4% vers le caillebotis.
  • Les parois du bâtiment doivent avoir 1,0 à 1,2 m de hauteur et fermées dans la partie solide de la case pour réduire la défécation dans cette zone.
  • Les parois de la case doivent être ouvertes dans la partie caillebotis.
  • Le caillebotis doit avoir 2.0 à 2.4 m de large et être près de la porte.
  • La largeur des lattes et des espaces doit être respectivement de 120 à 140 mm et de 20 à 22 mm.
  • Les doseurs d'aliment doivent se situer dans la partie centrale sur le sol plein.
  • Les abreuvoirs peuvent être mis sur la séparation ouverte entre les cases ou sur la paroi qui est face à la porte.
Figure 2. Système d'alimentation au sol

Gestion des systèmes d'alimentation en sol


L'alimentation au sol ne permet pas un bon contrôle de l'ingestion individuelle d'aliment. Par conséquent, il est important que l'aliment soit distribué de la manière la plus uniforme possible sur le sol plein.
Les truies sont directement nourries au sol avec un régime d'aliment sec en farine ou en granulés. L'alimentation sera fournie seulement une fois par jour, ce qui réduit l'agressivité par rapport à une alimentation deux fois par jour. Cette mesure évite dans une certaine mesure que les truies dominantes contrôlent l'aliment. D'autre part, elle augmente le temps consacré au repas, ce qui pourrait aussi se faire en fournissant de la paille avant de fournir le repas.

Dans une étude contrôlée effectuée par l'Institut danois de sciences agricoles (Danish Institute of Agricole Science), on a comparé les tailles de groupes de 12 et 24 truies. Les résultats ont indiqué qu'il y avait moins d'agressions et moins de truies blessées avec des lésions dans le groupe plus grand.
Le gain de poids a été semblable dans les deux groupes. Toutefois, il y a eu de grandes variations dans le poids dans chaque groupe, ce qui indique qu'il est difficile de contrôler l'ingestion d'aliment dans un système d'alimentation au sol.

On recommande de maintenir une taille de groupe entre 15 et 25 truies pour obtenir un rendement optimal. Les primipares doivent toujours être séparées et ne doivent pas être mélangées avec les autres truies. De plus, dans les grands élevages, les truies peuvent être réparties en lots de truies petites, moyennes et grandes. Cette mesure fait que les truies dominantes présentent moins d'avantages dans la compétition. Les truies ont un rythme diurne avec beaucoup d'activité le matin, une période de sommeil au milieu de la journée et une période de grande activité pendant l'après-midi. Par conséquent, il est recommandé de fournir la ration quotidienne à midi, quand les animaux sont plus motivés pour se reposer que pour se battre et manger. Le fait de séparer les primipares est aussi utile pour l'alimentation en chute lente comme mentionné ci-dessous.

Si toutes ces mesures sont suivies, il faudra compter 10 à 15% des truies retirées pour leurs conditions corporelles (trop grasses/trop minces), problèmes locomoteurs ou infertilité.
Les truies qui ont été sorties d'un groupe ne doivent pas être remises dans le même groupe étant donné le risque d'agression, ce qui pourrait négativement affecter la reproduction. Il est important qu'on maintienne la hiérarchie dans les groupes pendant toute la période de gestation. Par conséquent, il devrait y avoir au moins 10 à 15% d'espace supplémentaire pour les truies retirées dans un système d'alimentation au sol

Alimentation en chute lente ("trickle feeding")
Figure 3. Système d'alimentation en chute lente..

L'alimentation en chute lente est une version modifiée du système d'alimentation au sol, mais au lieu de verser l'aliment au centre sur le sol, il est lentement apporté devant chaque truie au moyen d'une chaîne ou d'une vis sans fin. Ce type d'alimentation s'adapte bien à des groupes relativement petits, avec 6 à 15 animaux par groupe. Il fournit un plus grand contrôle sur l'ingestion d'aliment que l'alimentation au sol.

Sur la Figure 3, on peut voir un schéma typique de système d'alimentation en chute lente.

Règles de conception à observer:

Les règles de conception sont les suivantes:
  • La taille du groupe doit être comprise entre 6 et 15
  • La dimension de la case est déterminée principalement par l'espace d'alimentation individuelle, c'est-à-dire 50 cm par truie.
  • Les séparations des auges doivent avoir 60-80 cm de profondeur et 80 cm de hauteur depuis le sol jusqu'à la partie supérieure pour éviter que les truies ne se dérangent pas pendant les repas et pour la même raison la sortie de l'aliment doit se faire au centre de l'auge.
  • Les aliments en farine doivent être fournis dans une auge avec un abreuvoir, tandis que les aliments en granulés pourraient directement être fournis sans addition d'eau.
  • Le sol plein doit avoir 2.0 à 2.5 m de profondeur pour qu'il y ait un espace suffisant pour s'allonger.
  • Le sol plein devra avoir une pente de 3 à 4% vers la zone sur caillebotis.
  • Les parois des cases doivent avoir 1.0 à 1.2 m de hauteur et être fermées dans la zone de la case avec sol plein pour réduire la défécation dans cette zone.
  • Les parois de la case doivent être ouvertes dans la zone caillebotis.
  • Le caillebotis doit avoir 2.0 à 2.4 m de large et être près de la porte.
  • La largeur des lattes et des espaces doit être respectivement de 120 à 140 mm et de 20 à 22 mm.
  • Les abreuvoirs pourraient être mis sur la séparation ouverte entre les cases ou sur la paroi qui reste face à la porte de la case.
Management d'un système d'alimentation de chute lente

Le système doit fournir l'aliment à un rythme de 100 à 120 g par minute, ce qui correspond à la vitesse à laquelle la majorité des truies mangent. Il est important de ne pas laisser les truies terminer leur ration avant leur voisine ou avant de fournir la quantité suivante d'aliment. Si ce cas se produisait, les truies commenceraient à chercher un repas supplémentaire, ce qui les conduirait à l'agression et donc à l'instabilité du groupe. On doit prendre en considération qu'un aliment en farine doit être fourni à un rythme plus lent qu'en granulés, parce qu'il est mangé plus rapidement. L'aliment sera fourni seulement une fois par jour.

L'alimentation en chute lente n'est pas adaptée pour de grands groupes. Dans ce cas, si la taille du groupe est trop grande, certains animaux ne sont pas capables de trouver un espace à l'auge quand on fournira l'aliment. Ceci donne lieu à des agressions et du mal-être.

Quant au reste, en ce qui concerne la formation du groupe, le retrait d'animaux et le besoin de cases d'infirmerie, les procédures de management sont semblables à celles mentionnées pour l'alimentation au sol.

Figure 4. Système d'alimentation en chute lente avec 7 espaces de mangeoires - une truie a été retirée du groupe

Conclusion

Les coûts d'investissement sont considérablement plus importants (25-30%) pour un système d'alimentation en chute lente par rapport à un système d'alimentation au sol. Le coût le plus important vient principalement du système d'alimentation
Toutefois, on peut facilement compenser ce surcoût par un plus petit taux de déchets de truies, un plus grand taux de reproduction et un plus grand poids à la naissance des porcelets que dans le système d'alimentation au sol étant donné un meilleur contrôle d'ingestion d'aliment comme il est démontré dans une étude danoise récente où les deux systèmes sont comparés.

Bjarne K. Pedersen. Directeur Général, Danish Farm Design A/S. Danemark

Opinion des experts

Diagnostic des diarrhées néonatales (1)18-Nov-2004 il y a 12 ans 9 mois 2 jours

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